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Langues de traduction

Traduction : chinois

Le chinois est la langue la plus répandue de notre époque, si l'on tient compte de son écriture. Pourtant, la plupart des linguistes voient dans cet ensemble de dialectes très différents les uns des autres un groupe linguistique à part entière, composé de langues certes apparentées, mais bel et bien distinctes.

Le chinois appartient à la famille sino-tibétaine. Dans sa forme standard, il est la langue officielle de Taïwan, de la RPC et de Singapour, et l'une des 6 langues officielles et de travail de l'ONU. Dans le monde, plus de 1,3 milliard de personnes parlent chinois.

Historiquement, le chinois est considéré comme la langue du peuple han, qui domine la composition nationale de la République populaire de Chine (plus de 90 % de la population du pays). Par ailleurs, des dizaines de millions de Chinois, qui conservent leur langue maternelle, vivent dans pratiquement tous les pays d'Asie du Sud-Est, et la nombreuse diaspora chinoise est présente dans le monde entier.

Particularités de la langue

Le chinois moderne compte dix groupes dialectaux. Les dialectes se caractérisent par des différences phonétiques et lexicales, en partie grammaticales, mais les fondements grammaticaux et le vocabulaire restent communs.

Le moyen de communication principal entre locuteurs de dialectes différents est le chinois normatif, appelé putonghua en Chine, guoyu à Taïwan et à Hong Kong, et huayu à Singapour. Ces variantes présentent de légères différences de phonétique. En outre, à l'écrit, le guoyu emploie les caractères en écriture complète, tandis que le huayu et le putonghua utilisent l'écriture simplifiée.

Le chinois littéraire repose sur les dialectes du Nord. La norme phonétique est la prononciation de Pékin. Il convient de noter qu'à l'époque de la dynastie Tang, lorsque les textes classiques chinois ont été composés, la norme phonétique était plus proche de l'actuel groupe dialectal hakka.

Dans l'écriture chinoise, chaque caractère représente un morphème et une syllabe. Le nombre total de caractères dépasse 80 000, mais la plupart d'entre eux ne figurent que dans les monuments de la littérature chinoise classique.

Pour comprendre jusqu'à 80 % du chinois courant, il faut connaître les 500 caractères les plus fréquemment utilisés. Pour une maîtrise à 100 % de la langue, il faudra apprendre 2 400 caractères. Pour lire les journaux et les magazines, la connaissance de 3 000 caractères est nécessaire. Le dictionnaire de caractères le plus complet, édité en 1994, recense plus de 87 000 caractères chinois.

Aujourd'hui, les caractères chinois sont employés sous deux formes : traditionnelle (Hong Kong, Taïwan) et simplifiée (Chine continentale).

Par tradition, les Chinois écrivaient les caractères de haut en bas, les colonnes se succédant de droite à gauche. Aujourd'hui, en RPC, on utilise surtout l'écriture horizontale, sur le modèle des langues européennes, tandis qu'à Taïwan l'écriture verticale reste en usage parallèlement à l'écriture horizontale. En Chine continentale, les caractères d'avant la réforme et l'écriture verticale continuent d'être employés comme référence sémantique à la culture nationale traditionnelle, notamment dans les périodiques artistiques, les publications d'histoire de l'art, etc.

Histoire de la langue

Les plus anciens documents écrits attestant l'existence de la langue chinoise sont des inscriptions divinatoires découvertes sur des carapaces de tortues et des os d'animaux sacrificiels, datés du XIVe au XIe siècle av. J.-C. Ces artefacts montrent que, dès la période Shang-Yin, un système linguistique constitué existait sur le territoire de la Chine.

L'élément principal qui a cimenté la tradition linguistique est la langue officielle wenyan (langue écrite). Un phénomène unique, la domination d'un système d'écriture commun, a coexisté avec différents dialectes qui se sont développés pendant un certain temps au sein d'États chinois indépendants.

Pour plusieurs raisons d'ordre politique, ce sont les dialectes du Nord qui ont pris une importance dominante en chinois, car ils étaient plus homogènes que les dialectes du Sud. C'est sur leur base que s'est progressivement formé le guanhua, la « langue des fonctionnaires », qui a acquis le statut de langue officielle de l'Empire chinois. Parallèlement au guanhua s'est développée la langue parlée du peuple, le baihua.

L'emploi de la langue parlée à l'écrit a marqué un tournant radical dans le développement de la culture chinoise. La démocratisation de l'alphabétisation au début du XXe siècle a marqué le passage au baihua et le début du processus d'unification des dialectes du chinois.

Concernant le lexique, on peut dire qu'il a connu deux étapes de transformation : l'adaptation d'une nouvelle strate sémantique apparue avec la pénétration du bouddhisme en Chine au Ier siècle apr. J.-C., puis le processus de fusion avec le lexique mondial.